18.5 C
Paris
mercredi, septembre 27, 2023

Convoqués par la justice : l’affaire Vinci au Qatar rebondit

Date:

Affaire Vinci au Qatar : Six cadres convoqués par la justice

Six cadres du groupe Vinci sont convoqués par la justice dont certains sous le régime de la garde à vue, a appris franceinfo. Le géant du BTP est soupçonné d’esclavagisme moderne lors de chantiers préparatoires du dernier mondial de football au Qatar. Les avocats de Vinci dénoncent “un dossier vide”.

Une affaire qui colle à Vinci depuis plus de 8 ans

C’est un sparadrap qui colle aux pieds du géant du BTP Vinci depuis plus de 8 ans. Après la mise en examen l’an dernier de sa branche Vinci Construction Grands Projets (VCGP) pour des faits apparentés à de l’esclavagisme moderne de ses ouvriers au Qatar, six cadres du groupe sont convoqués mercredi prochain par des enquêteurs, a appris franceinfo de sources concordantes, mercredi 13 septembre. Parmi les personnes attendues dans les locaux des gendarmes de l’Office central de lutte contre le travail illégal (OCLTI), trois d’entre elles seront entendues sous le régime de la garde à vue avec la perspective d’une éventuelle mise en examen. Des cadres du groupe avaient déjà été interrogés dans cette affaire. Le siège du groupe à Rueil-Malmaison avait également été perquisitionné en décembre 2020.

Des soupçons de travail forcé dans les chantiers préparatoires du Mondial de football

En mettant un coup de pression sur les acteurs de ce dossier, les deux juges d’instruction qui enquêtent à Nanterre sur l’activité BTP de Vinci lors des chantiers préparatoires de la Coupe du monde 2022 de football au Qatar espèrent sans doute donner un coup d’accélérateur à cette instruction difficile à matérialiser. Dans le viseur des juges, la branche VCGP et Qatari Diar Vinci Construction (QDVC), une filiale de Vinci détenue à 51% par le fonds souverain du Qatar. Depuis plus de huit ans, le groupe Vinci récuse toutes les accusations de travail forcé et de traite d’êtres humains lancées par l’association militante Sherpa et le Comité contre l’esclavage moderne (CCEM). Le groupe estime même être précurseur en matière de droits humains et de respect du droit local du travail pour ses ouvriers au Qatar.

Des preuves solides et des témoignages accablants

Photos, vidéos et témoignages écrits à l’appui, Sherpa a pourtant plusieurs fois saisi la justice française pour dénoncer des conditions de travail indignes d’ouvriers migrants employés par Vinci au Qatar. Sherpa accuse ainsi QDVC d’avoir recruté, employé et hébergé dans des conditions inhumaines des ouvriers migrants pour tenir les délais de livraison de plusieurs de ses chantiers, dont le métro léger reliant Doha à Lusail. Sherpa soupçonne aussi les responsables de la filiale de Vinci d’avoir privé de passeports certains de ces ouvriers pour s’assurer de leur disponibilité, ce que réfute le groupe. Après un premier classement sans suite, l’association Sherpa, le Comité contre l’esclavagisme moderne (CCEM) et douze ouvriers immigrés (indiens, népalais) ont porté plainte avec constitution de partie civile devant la justice française déclenchant l’ouverture d’une instruction judiciaire en 2019.

Des convocations contestées par Vinci

Pour Jean-Pierre Versini qui défend le groupe Vinci, ces convocations et gardes à vue programmées sont totalement injustifiées. Elles s’appuient sur un dossier que l’avocat estime “vide de preuves” et “orienté”. “Nous contestons tous ces témoignages, tonne Jean-Pierre Versini qui a déposé en mai dernier une requête en nullité contre la mise en examen de VCGP. Depuis huit ans, les autorités essaient d’entendre ces ouvriers, mais ils n’ont entendu aucun des plaignants sur ces chantiers. Aucun des douze ouvriers sur des milliers d’employés ! Tout ça est insuffisant pour renvoyer une entreprise de cette taille en correctionnelle. Huit ans d’enquête et on n’a pas toujours pas décidé si Vinci était une entreprise sérieuse ou un esclavagiste. C’est trop long et rien n’est prouvé dans ce dossier.”

L’enjeu des témoignages dans le dossier

La question de la validité juridique, du nombre et de la réalité des témoignages à l’origine de la plainte est l’un des enjeux de ce dossier. Selon les informations de franceinfo, l’association Sherpa a été entendue fin juin pour précisément aider les enquêteurs qui peinent à retrouver et auditionner pour la première fois les ouvriers migrants indiens et népalais qui incriminent Vinci. Lors de cette audition devant les juges d’instruction, la représentante légale de Sherpa a affirmé que les plaignants sont volontaires pour participer à l’enquête, mais elle a aussi reconnu la difficulté à trouver de nouveaux témoignages.

Sur le meme sujet

Mères en liberté : la tendance du ‘momcation’ aux États-Unis

Aux États-Unis, le "momcation" : quand les mères...

Séisme au Maroc : la diaspora, un soutien vital sous le radar

Séisme au Maroc : la diaspora, une aide discrète...

Alerte canicule : record de chaleur imminent en Provence et en Corse

Canicule : 40°C sont attendus en Provence et en...

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici