AccueilAnimauxLes éléphants: Vérité ou Mythe? Démystifions 8 Idées Reçues!

Les éléphants: Vérité ou Mythe? Démystifions 8 Idées Reçues!

Crédit : Le Mag des Animaux

Les éléphants, ces mammifères terrestres les plus imposants, suscitent une fascination sans pareille. Malgré leur présence dans notre imaginaire depuis notre plus tendre enfance, nous avons souvent une connaissance limitée et erronée de ces créatures attachantes. Cet article vise à déconstruire 8 idées reçues sur les éléphants pour enrichir notre compréhension de ces animaux.

Idée reçue n°1 : Tous les éléphants sont identiques

Bien que les éléphants partagent certaines caractéristiques communes, ils présentent suffisamment de différences pour être classés en différentes espèces par les scientifiques. On distingue ainsi trois principales espèces d’éléphants : l’éléphant de savane d’Afrique, l’éléphant de forêt d’Afrique et l’éléphant d’Asie.

- Advertisement -

L’éléphant de savane d’Afrique est le plus grand des trois, avec un mâle adulte pouvant mesurer jusqu’à 4 mètres au garrot. L’éléphant d’Asie est généralement plus petit que l’éléphant de savane d’Afrique, mais plus grand que l’éléphant de forêt d’Afrique. La forme des oreilles distingue les éléphants d’Afrique de ceux d’Asie. Les premiers ont de grandes oreilles qui évoquent la forme du continent africain tandis que celles de l’éléphant d’Asie sont plus petites et plus arrondies.

Alors que la plupart des éléphants mâles d’Afrique possèdent de longues défenses, certains mâles éléphants d’Asie n’en ont pas. De plus, chez les éléphants d’Asie, les femelles n’ont jamais de défenses alors que chez les éléphants d’Afrique, les femelles en ont, plus courtes que celles des mâles.

Autre différence notable : l’habitat. L’éléphant de savane d’Afrique préfère les plaines ouvertes et les savanes, tandis que l’éléphant de forêt d’Afrique vit dans des zones de forêts denses et humides qui se trouvent en Afrique centrale. L’éléphant d’Asie, quant à lui, peut être trouvé dans une variété d’habitats, allant des forêts tropicales aux prairies, en passant par les régions montagneuses.

Idée reçue n° 2 : Les éléphants ont une grande mémoire

Le dicton populaire « Avoir une mémoire d’éléphant” suggère que ces animaux se distinguent par leur mémoire exceptionnelle. Cette affirmation n’est vraie qu’en partie. Elle nécessite d’être nuancée et approfondie pour comprendre la véritable nature de la mémoire des éléphants.

L’idée que les éléphants ont une mémoire exceptionnelle remonte à des temps anciens. Leur capacité à se souvenir des lieux, des individus et des expériences a entretenu cette croyance. La mémoire joue un rôle essentiel dans la survie de ces animaux. Dans les vastes paysages africains et asiatiques, où les ressources, notamment en eau, peuvent être rares et éphémères, se souvenir de l’emplacement des points d’eau est vital. Les animaux les plus âgés et les plus expérimentés du groupe, mémorisent ces emplacements et guident leur troupeau sur de longues distances pour y accéder, même si ces points d’eau ont été visités pour la dernière fois des années auparavant. Un éléphant se montre également capable de se souvenir de ses congénères, même s’il ne les a pas vus depuis longtemps. C’est important pour le maintien de la cohésion sociale. Ces souvenirs peuvent être basés sur des signaux olfactifs, auditifs ou visuels. D’ailleurs, lorsque des éléphants sont déplacés ou séparés de leur troupeau, ils développent des signes de stress parce qu’ils deviennent incapables de retrouver leur environnement familier ou leurs compagnons.

Aussi impressionnante que semble être la mémoire d’un éléphant, elle est donc sélective et orientée vers leur survie. Comme tous les animaux, ces animaux peuvent oublier. De plus, tout comme la mémoire humaine, celle des éléphants peut être affectée par l’âge, la maladie ou le stress.

Idée reçue n° 3 : Les éléphants adorent les cacahuètes

L’association entre les éléphants et les cacahuètes peut trouver ses origines dans les anciens zoos et cirques. Pour attirer les visiteurs, il était courant de leur permettre de nourrir les éléphants avec des cacahuètes car cela a longtemps été un aliment bon marché. Par ailleurs, lorsque les programmes télévisés consacrés aux animaux étaient moins nombreux qu’aujourd’hui, la scène d’un éléphant utilisant habilement sa trompe pour prendre une petite cacahuète faisait toujours sensation.

Voir aussi  La Veuve Noire: L'Araignée la Plus Mortelle du Monde?

Mais à l’état sauvage, les éléphants ont un régime alimentaire varié et adapté à leur environnement. Les éléphants sont des herbivores : l’herbe, les feuilles, les fruits, les racines, les tubercules, l’écorces et même le bois (comme le bois tendre et gorgé de sève du baobab) font partie de leur régime. L’éléphant d’Asie est l’espèce qui a le plus varié. L’herbe constitue une part importante de l’alimentation des éléphants, en particulier pour l’éléphant de savane d’Afrique. Ceux-ci peuvent en consommer de grandes quantités chaque jour, surtout pendant la saison des pluies. En mangeant des fruits, les éléphants participent à la dispersion des graines dans leur habitat et à la régénération de la végétation. Leurs trompes et défenses leur servent à déterrer les racines qui constituent une source importante de nutriments et d’eau. Enfin, les écorces sont riches en minéraux et en nutriments. Aussi, les cacahuètes peuvent être consommées par les éléphants en captivité sans conséquences dommageables, à condition que cela soit en très petites quantités.

Idée reçue n° 4 : La trompe des éléphants leur sert uniquement à aspirer de l’eau

La trompe est composée de près de 40 000 muscles, ce qui la rend incroyablement flexible et puissante. De nombreuses personnes associent la trompe à une sorte de « paille » destinée à boire l’eau. Bien que les éléphants utilisent leur trompe pour aspirer de l’eau, ils ne la boivent pas directement par celle-ci. Après avoir aspiré l’eau, ils la soufflent dans leur bouche pour la boire.

Mais, nous l’avons déjà abordé précédemment, sa fonction va bien au-delà. C’est un organe multifonctionnel qui sert à sentir, toucher, saisir des objets (comme de la nourriture ou des branches) ou encore à communiquer. Les éléphants naissent avec une trompe entièrement fonctionnelle. La seule différence est que les éléphanteaux n’ont pas encore une maîtrise complète de leur trompe. Ils apprennent progressivement à l’utiliser avec précision, ce qui peut prendre plusieurs mois. Si la taille de la trompe varie d’un éléphant à l’autre, elle n’est pas directement liée à la virilité ou au statut social de l’animal. D’autres facteurs, tels que la taille des défenses ou le comportement, jouent un rôle plus important dans la hiérarchie sociale des éléphants.

Idée reçue n° 5 : Les éléphants ne peuvent pas prendre de coups de soleil

L’épaisseur et la rugosité de la peau des éléphants peuvent donner l’impression qu’elle est insensible. Mais ce n’est pas le cas. La peau d’un éléphant adulte peut avoir une épaisseur allant de 2,5 cm à 4 cm, selon les régions du corps. Elle est parsemée de nombreux capillaires sanguins et terminaisons nerveuses, ce qui la rend particulièrement sensible aux stimuli extérieurs.

Tout comme la peau humaine, leur peau est vulnérable aux rayons ultraviolets du soleil. Du fait qu’ils passent de nombreuses heures chaque jour à se nourrir et à se déplacer sous le soleil direct, ils sont particulièrement exposés aux coups de soleil, surtout les plus jeunes éléphants dont la peau est plus fine. C’est donc pour se protéger du soleil brûlant qu’ils se couvrent de boue. Cette couche agit comme un écran solaire naturel, protégeant leur peau des rayons UV nocifs. De plus, en séchant, la boue forme une barrière qui les protège également des parasites et des insectes piqueurs. La boue aide également à réguler la température corporelle de l’éléphant. Lorsqu’elle sèche, elle refroidit la peau, offrant ainsi un soulagement bienvenu. En plus de se couvrir de boue, les éléphants se baignent régulièrement pour nettoyer et hydrater leur peau. Ils utilisent également leur trompe pour se jeter de la poussière sur le dos, ce qui peut agir aussi comme une forme de protection solaire. Les éléphants apprécient ces moments car ces bains en groupe renforcent les liens sociaux.

Voir aussi  Pourquoi Votre Aquarium Vire au Vert et Comment Y Remédier ?

Idée reçue n° 6 : Il existe des cimetières d’éléphants

Il existe une image romantique et mystérieuse des « cimetières d’éléphants ». Selon cette croyance, les éléphants, sentant leur fin proche, entreprendraient un voyage solennel vers un lieu secret où ils se reposeraient pour mourir en compagnie de leurs ancêtres. Si cette notion est poétique, elle est éloignée de la réalité. Cette idée trouve son origine dans les observations des premiers explorateurs et voyageurs en Afrique, qui n’étaient pas des spécialistes des animaux et ont découvert des zones où la concentration d’ossements d’éléphants était élevée, leur donnant l’explication qu’ils étaient en mesure de produire, puisant davantage dans leurs coutumes que cherchant à comprendre les éléphants.

Aujourd’hui, voici comment on explique ce phénomène. Les points d’eau sont vitaux. Les éléphants âgés ou malades, en particulier, peuvent donc choisir de rester près de ces sources d’eau pour faciliter leur accès, surtout pendant la saison sèche. Si ces individus décèdent à proximité, cela peut entraîner une concentration d’ossements. Dans certaines régions, des maladies ou des conditions environnementales particulières peuvent entraîner une mortalité accrue. Si une source d’eau est contaminée, elle peut affecter un grand nombre d’éléphants, conduisant à une accumulation d’ossements.

Idée reçue n° 7 : Les éléphants pleurent de tristesse

La vision d’un éléphant versant des larmes peut susciter de puissantes émotions chez celui qui l’observe. Une fois de plus, le phénomène a d’abord été interprété à travers un prisme anthropomorphique. Tout comme chez les humains, les yeux des éléphants produisent des larmes pour se lubrifier et éliminer les irritants. La poussière, fréquente dans leurs habitats peut irriter l’œil et provoquer une production accrue de larmes pour le nettoyer et le protéger. Il est indéniable que les éléphants ressentent une forme de joie, de tristesse ou de peur. Cependant, il n’existe aucune preuve scientifique étayant l’idée que la production de larmes soit directement liée à leurs émotions.

Idée reçue n° 8 : On sait tout des éléphants

Nous l’avons dit, les éléphants sont connus pour leur forte cohésion sociale. Lorsqu’un membre du groupe est malade ou blessé, les autres peuvent montrer des signes de détresse, et lorsqu’un éléphant meurt, le groupe peut même cesser de manger quelques temps. Par ailleurs, les éléphants adultes emmènent les plus jeunes près des corps des éléphants décédés ou de leurs ossements, comme pour leur « enseigner » quelque chose.

Ces animaux sont aussi souvent observés en train de toucher doucement les os et les défenses des éléphants décédés avec leur trompe, un comportement qui peut durer plusieurs minutes. Ils peuvent également rester près du corps pendant de longues périodes, donnant l’impression de veiller sur le défunt car ils ne montrent généralement pas le même intérêt pour les ossements d’autres animaux. Ils peuvent parfois les couvrir avec de la terre ou de la végétation. Tous ces comportements restent encore mystérieux et les chercheurs ont bien du mal à leur donner du sens.

Derrière chaque idée reçue se cache une réalité. Il est essentiel de considérer les éléphants pour ce qu’ils sont et non pour ce qu’ils nous évoquent. L’approfondissement des connaissances permet de mieux orienter les actions soutenant leur conservation. Nous comptons donc sur vous pour lutter contre ces idées reçues qui ne servent jamais les animaux qu’elles concernent.

Les plus lus