AccueilAnimauxQuels sont les secrets pour réussir l'élevage de fourmis en terrarium ?

Quels sont les secrets pour réussir l’élevage de fourmis en terrarium ?

Comment élever des fourmis en terrarium ?
Crédit : Le Mag des Animaux

Les fourmis, ces insectes hyménoptères fascinants, forment des colonies appelées fourmilières. Les élever en terrarium permet d’en apprendre un peu plus sur le fonctionnement de leur société où chaque individu joue un rôle spécifique.

Comprendre la vie des fourmis à l’état sauvage

Avant de se lancer dans un élevage, quel qu’il soit, il est bon de s’informer sur l’animal ou les animaux que l’on souhaite accueillir pour déterminer si leur accompagnement est adapté à notre mode de vie.

- Advertisement -

Une organisation sociale hiérarchisée

Les fourmis vivent en colonies selon une organisation sociale élaborée où se côtoient insectes fertiles et infertiles (eusocialité). Le travail instaure un fonctionnement hiérarchique qui, comme chez les abeilles, distribue les places de chacun autour de missions à accomplir pour la bonne marche de la fourmilière. Insectes intelligents, les fourmis sont interdépendantes les unes des autres au point de former une forme d’organe unique dotée d’une intelligence collective.

La composition d’une colonie

Une colonie est composée d’une reine reconnaissable à sa grande taille, de mâles et d’ouvrières. La reine a pour tâche de se reproduire afin d’assurer la pérennité de la colonie. La reine et les mâles sont pourvus d’ailes, ce qui permet l’accouplement en vol. Une fois fécondée, la reine cherche un nid pour pondre : elle porte en elle suffisamment de spermatozoïdes pour enfanter durant toute sa vie qui dure 9 à 15 ans.

Une fois fécondée, une reine peut intégrer une colonie déjà existante : on parle alors de parasitisme social. Même si une reine est déjà en place, cette nouvelle venue ne constitue par une intruse. Une colonie dotée de deux reines offre, effectivement, l’avantage d’être plus productive (fourmilière polygyne). Les mâles meurent, généralement, après le vol nuptial : leur espérance de vie n’est que de quelques semaines.

Quant aux ouvrières, elles ne possèdent pas d’ailes et sont destinées à l’accomplissement des multiples tâches inhérentes au bon fonctionnement de la colonie. Chacune exerce des missions spécifiques : creuser les galeries, défendre la fourmilière, chercher la nourriture, veiller sur le couvain, etc. Les ouvrières vivent 3 à 5 ans.

La construction de la fourmilière

Les fourmis construisent leur fourmilière sous des formes et dans des lieux diversifiés. Contrairement à d’autres hyménoptères sociaux qui reproduisent toujours les mêmes structures, elles présentent une plasticité adaptative qui leur permet de bâtir leur nid selon des critères variables comme la nature du sol, le climat, les matériaux disponibles ou le niveau de croissance de la colonie. Typiquement, on observe trois types de nid chez les fourmis : le nid souterrain, le nid épigé et le nid arboricole.

Le nid souterrain

Creusé sous terre, il peut se résumer à une simple cavité ou être composé de multiples galeries permettant d’accéder à des chambres. Selon l’espèce de fourmis, le nid souterrain peut être plus ou moins profond, de quelques dizaines de centimètres à plus d’un mètre de profondeur. Plus la fourmilière est profonde, plus le nombre de galeries est important.

Le nid épigé

Le nid épigé est plus fréquemment observé et plus évolué. Il est constitué de déchets végétaux ou de terre et prend l’apparence d’un monticule au-dessus du sol. La pente la plus longue du nid est orientée vers le sud pour emmagasiner un maximum de soleil et donc de chaleur. Il comporte de multiples galeries et chambres, notamment, la salle à couvain et la cellule royale.

Voir aussi  Baleine, Rorqual, Cachalot : Qu'est-ce qui les différencie vraiment ?

Le nid arboricole

Le nid arboricole est installé dans le creux d’un tronc d’arbre, à l’intérieur d’une branche creuse d’un arbre mort ou sur tout autre arbuste pouvant se montrer accueillant. Les matériaux utilisés peuvent être des morceaux de bois imbibés de salive qui forment une sorte de carton ou des feuilles d’arbres et de plantes assemblées à l’aide de fils de soie.

Les espèces de fourmis conseillées pour les débutants

Des fourmis résistantes

Si vous débutez dans l’élevage de fourmis en terrarium, tournez-vous vers des espèces faciles à accompagner comme Messor barbarus, Messor structor ou encore Lasius niger (notre fourmi noire) ou Lasius emarginatus. La première est une espèce de grande fourmi de la sous-famille des myrmicinés qui vit à l’état naturel dans le bassin méditerranéen et en Afrique du Nord. Essentiellement granivore, elle consomme, également, de petits insectes et s’avère très résistante pour une vie en élevage.

Autre espèce de la même sous-famille, Messor structor
qui vit en Europe du Sud, en Asie et en Afrique du Nord. Elle est plus petite que sa cousine et s’avère aussi granivore. Enfin, Lasius emarginatus est une fourmi bicolore (tête et abdomen noirs, thorax rouge) de petite taille qui se nourrit de miellat et de petits insectes.

De nombreux magasins spécialisés

De multiples boutiques en ligne proposent à la vente tout un choix de fourmis, pour l’éleveur débutant jusqu’au plus expérimenté. Généralement, le pack proposé contient une reine et quelques ouvrières de façon à permettre la construction de la fourmilière et le développement de la colonie en situation artificielle.

Démarrer un élevage de fourmis

Élevage responsable

Avant de démarrer un élevage de fourmis, vous devez être conscient qu’il ne s’agit pas d’accueillir un seul individu. Votre colonie va s’agrandir de façon exponentielle et nécessiter des soins chronophages et plus de place. On ne s’occupe pas de la même façon de milliers voire de millions de fourmis que d’un lapin nain !

Et si vous aviez en tête de « libérer » vos fourmis dans la nature une fois la colonie agrandie, oubliez ! Introduire des fourmis dans un écosystème différent du leur va les perturber mais aussi perturber la faune et la flore locale. Si vous désirez vous séparer de votre colonie, il convient de la confier à un autre éleveur.

Que vous ayez prélevé vos fourmis dans la nature ou que vous les ayez achetées dans une boutique spécialisée, tout début d’élevage nécessite, au minimum, une reine (une « princesse » fécondée) et quelques ouvrières. Attention ! Une reine ne possède plus d’ailes : elle les perd une fois fécondée.

Pour être certain que vous prélevez une reine et non une ouvrière, soyez vigilant à sa taille (c’est la plus grosse de la colonie). Soyez certain également de ne pas prélever une espèce protégée. Si vous l’achetez, la reine vous est généralement livrée dans un tube à essai contenant une réserve d’eau et un morceau de coton. C’est là qu’elle va pondre ses œufs : on parle de module de fondation. Il n’est, généralement, pas nécessaire de la nourrir jusqu’à la naissance des ouvrières.

Voir aussi  Qu'est-ce qui cause le nez qui coule de ma poule ? Découvrez la réponse !

La naissance de la première ouvrière

Une fois la première ouvrière née, votre module de fondation doit être raccordée à une aire de fourragement (ou aire de chasse). Il s’agit d’un contenant d’un minimum de 10 cm sur 10 cm dans lequel vous allez disposer de la nourriture et un substrat type sable ou mousse oasis. Le dessus doit s’ouvrir pour vous permettre de vous occuper de vos fourmis. L’application d’une substance anti-évasion comme de l’huile de paraffine évite que vos fourmis grimpent sur les parois pour se sauver.

L’alimentation des fourmis

Le type de nourriture dépend de l’espèce des fourmis. Il peut s’agir de petits insectes, de miel bio, de lait sucré, de lait miellé, de jaune d’œuf, etc. Un élevage d’insectes en parallèle vous permet de bénéficier d’une réserve de nourriture fraiche pour vos fourmis. Côté quantité, vous pouvez proposer une alimentation à volonté car les fourmis se régulent d’elles-mêmes.

La nourriture non consommée doit être ôtée pour éviter un pourrissement qui rebute les fourmis. Au stade du fourragement, il n’est pas toujours aisé d’observer les ouvrières se nourrir. Elles restent souvent dans le module de fondation. Cependant, elles se nourrissent même si c’est en petites quantités. Côté eau, la réserve du tube est suffisante pour répondre à leurs besoins. Dans leur fourmilière, un récipient d’eau sucré permettra d’abreuver les fourmis : sans sucre, elles ne boiront pas. Prévoyez un micro-récipient pour éviter les noyades.

Le changement de nid

Un tube à essai de taille moyenne peut contenir une centaine d’ouvrières sans difficulté. Les fourmis ont, en effet, besoin d’être confinées pour se sentir en sécurité. Toutefois, vous pouvez prévoir l’installation dans la fourmilière dès que vous avez une vingtaine d’ouvrières si celle-ci n’est pas trop grande. Afin de favoriser le départ de l’aire de chasse vers la fourmilière définitive, il existe deux méthodes.

La première, plutôt brutale et donc peu conseillée, consiste à tapoter le tube ou la boite au-dessus de la fourmilière jusqu’à ce que les fourmis tombent. La seconde option beaucoup moins stressante consiste à appauvrir le lieu à quitter et à enrichir le lieu où aller en installant un « pont » entre les deux.

Ainsi l’épuisement de la réserve d’eau du tube et l’humidification du nouveau nid suscitera le départ de la colonie. Faites de même pour l’alimentation et la luminosité : les fourmis appréciant les coins d’ombre, il vous suffit d’éclairer le lieu à quitter et de protéger de la lumière le nid d’accueil. À noter que certains terrariums disposent d’une aire de fourragement accolée : elle peut ainsi être utilisée par les fourmis comme lieu de stockage des déchets.

Bien choisir son terrarium

Matière

Votre terrarium (ou formicarium) doit répondre aux besoins de l’espèce de fourmi que vous accueillez. Il va aussi dépendre de votre budget et de la place dont vous disposez. Vous en trouverez de différents types dans les boutiques spécialisées. Vous pouvez aussi opter pour un terrarium maison qui ne vous coûtera qu’un peu de temps et le prix des matériaux.

Les contenants en plexiglass sont peu esthétiques et secs : ils sont, cependant, économiques.

Les contenants en verre, plus coûteux, restent translucides et vous permettent d’observer vos petites prot

Les plus lus